Semences : une guerre qui ne dit pas son nom

Semences : uneEn France, commercialiser, échanger des semences de graines de légumes et de céréales qui ne sont pas inscrites au catalogue des variétés d’espèces agricoles et d’espèces potagères commercialisables, peut vous coûter très cher ! Si j’en parle, c’est parce que les consommateurs sont de plus en plus mécontents de l’absence de goût des tomates, du melon plein d’eau et j’en passe ! Alors, ceux qui décident de la commercialisation de ces fruits et légumes, c’est qui au fait ? Et pourquoi des graines disparaissent de notre patrimoine, pourquoi ne sont-elles pas préservées comme la Tour Eiffel ou la Joconde ?

Mais il faut d’abord s’attarder sur les acteurs concernés et qui décident de la réglementation et la commercialisation de ces semences :

1. Le GNIS : Groupement National Interprofessionnel des Semences et Plants :

Interprofession créée par Vichy en 1941 ayant reçu par ce régime… des pouvoirs de délégation en matière de défense des intérêts des professionnels du secteur, à l’élaboration de la réglementation et celui-ci est quand même merveilleux, de s’assurer du respect de la réglementation.

2. L’INRA : Institut National de la Recherche Agronomique :

Organisme de recherche français fondé en 1946, sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture, ayant pour mission, au sortir de la guerre, de nourrir la France en associant sciences et technologies…, afin d’améliorer les techniques de l’agriculture et d’élevage (en gros, faire face à la pénurie alimentaire en augmentant les rendements et faire de la France le n°1 mondial des semences dans les années 70…).

3. Le GEVES : Groupe d’étude et de Contrôle des Variétés et des Semences :

Groupement d’intérêt public regroupant les 2 précédents et le Ministère de l’Agriculture. Son rôle est de déterminer si une espèce végétale peut être au catalogue officiel des espèces et variétés.

Des semences sont interdites, telles que la tomate ou les légumes de Pascal Poot : agriculteur dans les environs de Montpellier, ses semences, sans pesticide, sont très résistantes à l’absence d’eau, il ne les arrose pas. Il leur apprend à pousser dans un milieu forestier et à inscrire dans leur patrimoine génétique des moyens de vivre dans un environnement soi-disant inhospitalier : des variétés authentiques remplies de vitamines !

Le bon et le sain vont souvent de pair.

Mais dommage ! C’est pas bien, c’est même illégal !

Système pervers : voyant l’engouement pour des variétés « anciennes » en les nommant avec des noms qui font typiques… les firmes font croire aux consommateurs avec des semences hybrides et nécessitant l’usage de produits phytosanitaires que vous achetez des légumes « anciens » et donc bons… Genre, le bon vieux panais qu’ont peut voir dans les supermarchés.

Moi, je croyais que le consommateur voulait uniquement des fruits et légumes lisses, sans terre, sans bestiole (j’aime pas les chenilles mais quand j’en vois dans les légumes que j’achète, je me dis que c’est bon signe, elles ont du goût !)… Des conneries, nous ne sommes pas que des veaux…

Produits de traitement pour les plantes et produits pharmaceutiques vont de pair : les grands groupes mondiaux se rachètent les uns et les autres… Bayer (produits pharmaceutiques notamment et inventeur de l’héroïne en 1897) vient de racheter Monsanto (leader incontesté des pesticides et des semences OGM).

Vous mangez des fruits et légumes tellement transformés et remplis de pesticides, vous mangez de la viande d’élevage produite de manière industrielle et remplie d’antibiotiques (d’ailleurs je croyais que les antibiotiques c’était pas automatique…), vous êtes d’excellents clients de Bayer et d’autres ! Félicitations.

Vous pouvez donc continuer à être d’excellents clients de ces mêmes firmes qui sont aussi très spécialistes des produits pharmaceutiques : vous aurez besoin de vous soigner après tout ça… La boucle est bouclée comme on dit.

Et vous me direz, mais que fait la police (nommée GNIS, INRA et GEVES) ???

Bah, à peu près rien pour vous mais tout pour ces firmes. Ils contribuent à ce système en développant des technologies toujours plus poussées en matière de transformation du « vivant », d’agréments pour des semences plus « performantes » et plus dangereuses pour notre environnement, au bénéfice de ces firmes pharmaceutiques et industrielles.

Le GNIS empêche volontairement ces résistants de vendre leurs semences en leur imposant des critères bien trop contraignants. Et devinez quoi, inscrire une semence dans ce catalogue est extrêmement coûteux.

Ce fameux catalogue est avant tout une construction politique : priver les agriculteurs de variétés anciennes et tellement intéressantes, en matière de résistance aux maladies, aux insectes et qui peuvent être si économes en consommation d’eau, c’est mieux pour préserver les intérêts colossaux de ces firmes. Bénéfices, argent, money… Ce catalogue répond au petit pour-cent de la partie dominante du marché et au maintien du système qui ne doit pas être perturbé par ces foutus dérangés de gaulois ou gauchistes…

C’est le système D, D comme débrouille… quelques petits semenciers vendent ces graines « illégales ». D’ailleurs, je suis désolée de ne pas être en capacité de vous dire lesquels sont sanctionnés, la DGRCCF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) ne souhaite pas communiquer à ce sujet.

Nous sommes quelques uns à pleurer la disparition de semences qui ont leur place dans nos assiettes et que nos ancêtres, ainsi que de vrais lanceurs d’alerte cités plus haut, travaillent depuis des millénaires.

Pour autant, c’est vous qui mettez ce que vous voulez dans votre assiette. Vous décidez, on décide… Alors je fais confiance à toutes celles et ceux qui refusent d’être nourris par Bayer/Monsanto et compagnie.  Continuons à nous informer et communiquer ensemble sur ces petites graines millénaires et qui sont aussi précieuses que la Tour Eiffel et la Joconde ! Qu’elles puissent être préservées et bien vivantes et pleurons celles disparues et que nous n’aurons jamais le privilège de goûter.

Des agriculteurs, des maraîchers contactent ces petits semenciers : ces semences intéressent. Et les consommateurs peuvent être aussi des adultes et adhérer au fait que les légumes et fruits ont un patrimoine riche, des origines et qui n’auraient pas forcément le même goût tout le temps, comme le vin.

Je vous invite à lire cet article passionnant : il parle de la tomate de pascal Poot, du blé qui sent le vent et du potiron bleu.

Et Je vous invite aussi à regarder cette vidéo qui présente un paysan/boulanger et qui travaillent des blés qui ne sont jamais passés par des tests agronomiques et considérés comme pas assez « productifs » (trop pauvres en gluten…). C’est l’éloge de la lenteur :

 

 

 

 

 

 

 

 

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